24 septembre 2026

On gagne le site par le chemin forestier qui part au sud de Montselgues.
Une approche de 4 km, facile, à environ 1000 m d’altitude. Le mas est posé dans un léger creux derrière une vaste prairie bordée d’arbres, tout prêt d’une vieille croix de pierre et d’anciennes pistes muletières.

Avec un autre groupe de randonneurs, nous avons droit à l’histoire et à une visite détaillée de la bâtisse par le maître des lieux, Jean-Luc Michel, qui l’a acquise en 1974 avec son épouse. Ce sont donc près de cinquante ans de gros travaux et de passions qui ont permis de faire revivre ce lieu exceptionnel alors à l’abandon ! Le mas de l’Espinas est cité dès 1275 dans le cartulaire de l’abbaye des Chambons.
Il a été profondément modifié au XVe s. pour en faire une maison fortifiée et dans la seconde moitié du XVIIe s. Il semble avoir appartenu un temps aux seigneurs de Longueville de Thines.
L’ensemble construit en granite et en grès, sous de beaux toits de lauzes, s’organise en U autour d’une cour. Il montre une maçonnerie soignée, en particulier au niveau des porches avec des linteaux « à crossettes » et des sommiers à « retour d’angle », ou encore des voûtes surbaissées intérieures, à l’origine du classement au titre des Monuments historiques en 1988. Les charpentes de la grange sont tout aussi spectaculaires.
Le plan intérieur est celui d’une grosse ferme cévénole avec une vaste grange, plusieurs étables, un logis avec sa cuisine à grande cheminée et un four à pain qui aurait été aménagé dans une ancienne tour. Par-ci, par-là, de discrètes canonnières et une cachette dans l’épaisseur de la voûte de la grande étable, pour les périodes troublées.
Un grand merci à Jean-Luc et à Annick pour leur accueil et leurs nombreuses explications.
Un patrimoine rural sauvé ! La restauration de l’Espinas, c’est vraiment leur aventure, l’aventure de toute une vie, avec l’aide de bons conseillers comme Michel Carlat et Jacques Schnetzler.

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