Archives de catégorie : Nous y étions

Dimanche 7 juillet : de Serre de Barrès à Mézenc.

Pour sa dernière sortie du semestre, notre association proposait une montée au plateau de la Serre de Barrès à partir de Combe grand et des Costes, le sentier de randonnée qui conduit à la Dent de Rez.
Une modeste pluie pendant la nuit avait rafraîchi l’atmosphère caniculaire des derniers jours.

Ce fut l’occasion de voir un dolmen encore intact caché dans la garrigue, des coffres funéraires et quelques structures en pierre sèche, témoignages de différentes périodes d’occupation.

             Sur le plateau, les pelouses sont égayées d’importantes touffes de lavande vraie, la « fine », particulièrement belle et odorante en ce début juillet.
On y trouve une formation végétale assez variée peu perturbée par les fortes chaleurs, surtout que les buis n’y ont pas encore été attaqués par la pyrale. 


La chance voulut que le groupe rencontre Olivier Chautard venu ravitailler en eau son troupeau de vaches de race Aubrac qui pâturent là-haut une grande partie de l’année.
Un bel exemple de relance du pastoralisme, facteur d’ouverture des milieux, mené conjointement avec le SGGA.

La descente se fit par le chemin qui conduit à la ferme du Mézenc, tenue par une association de chasse, où localement les plantations de cèdres occupent une grande place aux côtés des forêts de chênes verts.

Une jolie randonnée nature qui offre par temps clair de larges panoramas sur les Gorges et les Cévennes.

Samedi 15 juin : sortie à Saoû.

Le mauvais temps n’a pas découragé les plus courageux de l’association Patrimoine pour faire cette  randonnée prévue en Drôme à partir du beau village de Saoû. 

Elle menait à la Roche Colombe, véritable poupe rocheuse de l’extraordinaire synclinal perché de la forêt de Saoû, la référence pour ce type de relief inversé qui remonterait à plus de 80 millions d’années.
La montée fut assez raide par des chemins souvent empierrés à travers bois aux essences variées.

Au sommet, à 884 m, soit plus de 500 m de dénivelé, au moment de la pause du pique-nique, quelques éclaircies permirent de se faire une idée de l’ampleur des paysages, d’apercevoir les Trois Becs et le Vercors.
La descente se fit en longeant la crête rocheuse, puis par le Pas de l’Echelette, assez raide, qui ouvre sur un splendide sentier dans la hêtraie qui contourne Roche-Colombe par le bas.

L’équipe se retrouvait à temps au point de départ, avant que des pluies diluviennes ne s’abattent sur toute la contrée.

Le massif montagneux préalpin de la Forêt de Saoû est vraiment un espace naturel remarquable qui ne pouvait que séduire les participants et les inciter à revenir par grand beau.

Mercredi 12 juin : un belle journée à Arles

Notre association Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze proposait mercredi 12 juin une visite d’Arles à la journée.

Pour les 38 participants, le rendez-vous était fixé à l’Office du tourisme où les attendait la guide conférencière qui allait très vite captiver son auditoire par ses explications sur « La Rome des Gaules », qui devint aussi un grand centre religieux au Moyen Age.

 

    Après une présentation générale dans le parc de Diane, on vit en premier le théâtre antique qui date de l’époque d’Auguste et pouvait contenir jusqu’à 10 000 personnes.
Du magnifique mur de scène à trois étages, il ne subsiste que deux colonnes entières.

Puis, le groupe gagna les cryptoportiques, ces étonnantes galeries souterraines qui s’étendaient sous le forum.

 

                 On poursuivit par le remarquable portail de l’église Saint Trophime, chef d’œuvre de l’école romane provençale.

L’église donne sur la place de la République, où se dresse aussi un bel obélisque de granit égyptien, trouvé sur l’emplacement du cirque romain.
Puis, ce fut la visite du cloître, l’un des plus célèbres de Provence par son élégance et la richesse de sa décoration sculptée sur les piliers d’angle et les chapiteaux.

Avant le repas, il y eut la visite des Arènes élevées dès les premières années de la fondation de la colonie d’Arles pour les combats de gladiateurs.
Des combats de bêtes fauves ont pu s’y livrer aussi, comme le rappelle la hauteur du mur qui clôture la piste.

 

L’après-midi était consacré au Musée départemental Arles antique qui offre des collections archéologiques exceptionnelles de mosaïques, sarcophages, sculptures dont le buste de Jules César, des objets du quotidien et le fameux chaland gallo-romain Arles-Rhône 3, long de 31 m, sorti des eaux du Rhône en 2011, devenu l’une des pièces maîtresses du Musée.

 

          Encore un grand bravo à la guide pour son professionnalisme et ses compétences, son sens de la transmission des savoirs, son humour, et merci aux organisateurs de cette journée particulièrement réussie.

Patrimoine Saint-Remèze : 10 ans d’âge !

Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze vient de fêter ses Dix Ans d’âge. Pour marquer l’événement, elle proposait un programme varié sur quatre jours, sur le thème de l’Eau.
Le vendredi 31 mai, ce fut une exposition de photos à la chapelle sainte Anne rappelant les principales actions de l’association, en particulier les nombreuses sorties pour découvrir les patrimoines de la commune et des villages voisins, mais aussi les Fêtes du pain, les Nuits des étoiles, les Castagnades, les conférences et expositions, les Rencontres avec les autres associations patrimoniales du Sud-Ardèche…

Le soir, était donnée une excellente conférence sur Le Rhône d’hier et d’aujourd’hui par Alexandre Chapuis, en partenariat avec les Chênes verts.

Le samedi, la matinée était consacrée à la visite des lieux d’eau du village. Elle permit de constater que le grand essor se fit dans la seconde moitié du XIXe s. quand les notions d’hygiène se développent, en particulier après la terrible épidémie du choléra en 1884, qui voit fleurir les pompes, les lavoirs, les caniveaux.

Passage du ruisseau à Saint-Remèze

Ce fut l’occasion de descendre dans le passage souterrain du ruisseau des Fonts qui court sous la rue du Barry, un ouvrage construit à partir de 1866 au pied de l’ancien rempart.

 

 

Plaque sur les monuments de la commune de Saint-Remèze

 

 

A midi, ce fut l’inauguration des plaques posées sur les monuments remarquables de la commune, avec le soutien de la Mairie.

L’après-midi, la Rencontre autour de l’eau fut un temps fort avec six intéressantes communications et plusieurs expositions prêtés par les Amis de l’Histoire de la région de Vallon et l’EPTB Ardèche.

En soirée, un repas partagé avec animation musicale sur la place du Porgie décorée pour la circonstance.

On peut regretter que le public ait quelque peu boudé ces moments d’informations et d’échanges.

 

 

 

 

La journée du dimanche était occupée par une belle randonnée le long du chemin des trois moulins et dans la combe du Tiourre en passantpar la résurgence du même nom, à l’origine d’un captage pour la commune de Vallon depuis 1896.

 

 

 

 

La dernière journée était réservée aux enfants de l’école de Saint-Remèze avec un parcours de découverte en 9 stations à travers le village, une démonstration de lavage par Sylvette au grand lavoir  communal et une randonnée autour de l’activité des moulins à eau.

Une occasion pour les enfants de s’approprier ce patrimoine souvent oublié et de mieux comprendre la magie et les bienfaits de l’eau.

 

Un grand merci aux organisateurs de ces journées, à l’implication du Bureau, mais une pointe de déception devant la maigre fréquentation des saint-reméziens à la plupart des animations, malgré un temps particulièrement clément !

 

Samedi 18 mai : une belle fête du pain !

Pour sa quatrième édition, Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze proposait une Fête du Pain à l’ancien four communal des Hellys, sur la route de Gras.
Toute l’organisation fut réussie et le cadre parfait.

Comme boulanger artisan, Jean-Sébastien Duval, de Saint-Rémy de Provence, qui a su faire partager son savoir-faire et sa passion à la cinquantaine de personnes présentes sur place.
Il a tout mené de main de maître depuis la sélection des farines qui viennent de ses champs, la fabrication du levain, le pétrissage, les temps de fermentation, le façonnage des miches et la cuisson dans le four.

Tout était prêt pour un premier défournement à l’arrivée de la randonnée organisée à cette occasion, et le résultat excellent aux dires de tous.

 

 

 

La fête se poursuivit dans la bonne humeur autour d’un pique-nique collectif, avec une animation musicale de qualité, à faire danser et chanter.

 

 

 

Un grand bravo à notre paysan boulanger pour son tour de main, sa créativité (on a même eu droit à des fougasses et à une pompe à l’huile délicieusement parfumée !) et son sens de la transmission.

Un grand merci à Martine et Claudet Charmasson, qui nous ont fait connaître ce boulanger et ont fourni le bois pour le four, à Eric et Brigitte Sabaton, pour leur accueil et la mise à disposition de leur terrain, à l’équipe bien soudée de l’association et à la mairie de Gras, propriétaire du four.

Encore un beau moment de convivialité, dans une ambiance « pagnolesque », autour de ce savoir-faire de la boulange, un des fleurons de notre artisanat.

Dimanche 28 avril 2019 : sur les chemins de Trignan.

La sortie de Patrimoine commença ce dimanche par la belle chapelle romane Saint Sulpice de Trignan, cachée par un bosquet au milieu des vignes, sur la commune de Saint-Marcel-d’Ardèche.

La construction remonte au début du XIIe s., mais présente de nombreux remplois sculptés d’un monument carolingien plus ancien.

Intérieurement, elle est sobre, à courte nef, voûtée en berceau plein cintre, avec une abside pentagonale décorée de hautes niches peu profondes.
Puis, ce fut la découverte du château de l’ancienne commanderie d’Hospitaliers de Saint-Jean d’Artignan, située à proximité près de l’ancienne voie de Saint-Just à Alba, qui doit beaucoup à la famille des Baladun et possédait de nombreuses terres et droits sur la contrée.
Le monument a été bien défiguré, si ce n’est la présence d’une tour cylindrique et de quelques pans de murs anciens.
On poursuivit par une ferme voisine où figure une curieuse enseigne du XIe s. évoquant une auberge de cette époque.
Le groupe poussa enfin jusqu’à l’ancienne carrière de calcaire de Saint-Jean, aussi d’époque médiévale, qui offre un front de taille impressionnant de plus de 200 m de long sur une hauteur de 10 à 15 m, à l’origine de la construction de l’ancienne commanderie et de nombreux mas environnants.
Un grand merci à Jean-Louis Issartel pour sa disponibilité tout au long de la matinée et ses nombreuses connaissances sur l’histoire locale largement partagées avec les participants.

Vendredi 26 avril 2019 : l’enfilage des perles, un art oublié.

Sous l’égide de notre association Patrimoine, la conférence donnée par Odile Ducros sur Les Perles et les Fleurs dans l’Art funéraire et l’Art décoratif des XIXe et XXe siècles attira de nombreux saint-reméziens, et pour cause.
L’enfilage des perles pour la confection de couronnes funéraires fut une activité importante dans le village au début du XXe s.
Elle était exclusivement féminine et dirigée au début par le clergé, en particulier sous le curé Mathon qui fit tout pour faire fonctionner au mieux son ouvroir, alors installé dans une grande pièce du château, qui occupa jusqu’à 25 ouvrières en 1909.
On a retrouvé aux Archives de l’Évêché à Viviers, ses correspondances, ses cahiers de réception, de fabrication au jour le jour et de livraison.
L’ouvroir disparut avec la Grande Guerre et la concurrence des ateliers de broderies mécaniques aussi implantés à Saint-Remèze, mais le travail se poursuivra néanmoins, sous forme de travaux à domicile, avec des femmes qui devront alors négocier directement avec une entreprise pour la livraison des perles et la remise de ce qu’elles avaient confectionné.
La conférence permit de réaliser que cet art des perles demandait beaucoup de doigté.

 

 

 

 

 


Plusieurs personnes s’essayèrent au « saladier à perles » monté sur un axe sur lequel il pouvait pivoter.


Pour une ouvrière expérimentée, par un mouvement tournant régulier, il permettait d’enfiler en quelques secondes sur un fil de fer fin des dizaines de perles colorées, qui étaient ensuite assemblées en feuilles ou fleurs, avant d’être envoyées dans les grandes manufactures de Lyon ou Marseille.

 

Samedi 13 avril 2019 : de Rochecolombe à Sauveplantade.

Au programme de la sortie de Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze, un circuit en huit de Rochecolombe à Sauveplantade.

Le groupe se rendit en premier à la cascade de Rochecolombe qui en impose au fond de son cirque même si l’eau y coule rarement.

Puis, à partir de la porte fortifiée du bas, ce fut la montée au vieux village accroché sous les ruines de son château.

Très bel exemple de clocher-mur ou clocher à peigne.

Un exemple de petit bourg castral, dont plusieurs maisons le long des ruelles reprennent vie depuis quelques années.

 

 

 

 

 

On eut droit à une intéressante visite de la chapelle Saint Barthélémy conduite par Mr et Mme Thiéry, du Comité d’animation de Rochecolombe, passionnés par leur village.

Ils rappelèrent l’histoire du monument qui présente des éléments du XIIIe au XIXe s., tout en évoquant plusieurs membres de la célèbre famille des Vogüé détentrice de la seigneurie de Rochecolombe, dont le caveau familial se tient sous la chapelle.

Au sommet de l’éperon, se dressent les restes d’un ancien donjon flanqué d’une enceinte, qui pourrait remonter au XIIe s.
Puis, ce fut la randonnée vers la minuscule église Saint Pierre de Sauveplantade par des chemins parfois caillouteux.
On s’arrête au premier sommet pour la pause pique-nique.
L’édifice, en bordure du hameau, surprend à l’intérieur par ses dimensions, la qualité du travail et sa décoration. Il a été construit à la fin du XIe s. par des bénédictins de Cruas, en remployant des éléments d’une église plus ancienne, dont de curieux chapiteaux décorés de rosaces.
Un modèle d’église très représentatif du premier art roman méridional, que l’on retrouve par exemple à Larnas.
Retour au point de départ par la serre de la Fourche.
Encore une belle randonnée à la journée dans la bonne humeur et sous un chaud soleil. Un groupe fidèle qui s’étoffe et se rajeunit avec une forte présence de montiliens.
Une pensée pour Claudine qui s’est faite une entorse dans la descente vers Sauveplantade.

Samedi 30 mars 2019 : Les Palhières, les Hermessennes.

Lors de sa dernière sortie,  Paysages, Patrimoine et Environnement se rendit sur deux anciens hameaux au nord de Gras.
 A partir de la Croix de Pisseloup, le groupe gagna en premier les ruines de Palhières, sur la commune de Saint-Maurice d’Ibie.

 

Bien exposé, le hameau était allongé sur une crête, près de son puits-citerne.

En 1921, on n’y enregistrait plus que six personnes, de la même famille des Martin.
On y vivait rudement, essentiellement d’élevage ovin, d’agriculture et sans doute des bois.

Depuis, tout y a été pillé, les tuiles, les belles pierres des piédroits et les linteaux.

 

Ce ne sont plus que des pans de murs menaçants.

L’après-midi, ce furent Les Hermessennes, sur la commune de Gras, encore plus envahi par les ronces.
Le hameau est signalé sur la carte de Cassini, il comptait jusqu’à 50 personnes au début du XIXe s., avec beaucoup d’enfants.

L’eau du puits y aurait eu comme vertu de rendre les femmes fécondes…
En 1911, ils ne sont plus que huit, et cinq en 1931, avec deux familles, les Nogier et les Ozil. Le départ fut précipité par ces crises qui vont toucher l’agriculture à la fin du XIXe s., la baisse des prix des céréales et la régression de l’élevage ovin, sans compter l’isolement et le vieillissement de la population.
De nombreuses terrasses de culture à proximité des ruines témoignent encore du labeur de ces générations de paysans attachés pleinement à la terre leur permettant l’autoconsommation.
Pour la trentaine de participants, une belle journée pour découvrir un monde rural oublié, le plus souvent par des chemins de crête offrant de larges perspectives sur les serres et vallats s’étendant largement sur les flancs septentrionaux du massif de la Dent de Rez, et au-delà vers les Cévennes.

Dimanche 3 mars : descente à la Pascaloune.

Pour sa troisième sortie, l’association Patrimoine proposait une randonnée vers la grotte de La Pascaloune en rive droite du Rimouren, sur le territoire de la commune de Saint-Montan.  
On comptait une quarantaine de participants.
Un hommage était rendu à Gérard Bernardin, adjoint à la mairie, ancien trésorier de l’association, décédé vendredi dernier.

 Le départ se fit du chemin « de la Ligne » qui, par son tracé rectiligne, pourrait être un tronçon de l’ancienne voie romaine qui reliait Bourg-Saint-Andéol à Rimouren, avant de monter sur Gras, Valvignères et Alba.

Le groupe poursuivit jusqu’aux cabanettes, deux constructions méticuleusement appareillées en pierre sèche, qui furent probablement des abris de berger.

Puis, un sentier descend dans le vallon du Rimourin et aboutit en sous-bois au vaste porche de la grotte de La Pascaloune.

 

 

 

 

 

Equipé de lampes frontales, le groupe s’engagea dans la grotte.

 

 

 

La cavité présente une belle galerie fossile, riche en concrétions, qui ouvre sur un important réseau de plus de 1500 mètres et descend à – 160 mètres.

Des colorations à la fluorescéine ont permis de vérifier une liaison avec les résurgences de Tourne à Bourg-Saint-Andéol.

L’intérêt de la grotte réside encore dans la présence de tracés rouges sur les parois qui évoquent d’anciennes peintures.


Certains préhistoriens y ont vu des peintures du Paléolithique supérieur, d’autres plus prudents n’y voient que de minces veines naturelles riches en oxyde de fer.

 

 

Les avis penchaient plutôt pour la première version dans le groupe.

 

Le retour se fit par le même chemin.
Une belle sortie mêlant nature et culture !