Le départ en covoiturage est fixé à 8h à Saint-Remèze. On se retrouve une trentaine au parking Fort-Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, où nous attend notre guide conférencière, Sylvie Toussaint.
Après un rappel de l’histoire de Villeneuve, implantée par Philippe IV le Bel sur la rive droite du Rhône face à sa rivale d’Avignon, la journée débute par la visite de La Chartreuse du Val de Bénédiction, un ancien monastère fondé au XIVe s. à l’initiative du pape avignonnais Innocent VI, très attaché à cet ordre religieux.
Elle devient vite l’une des chartreuses les plus vastes et prospères d’Europe. Son plan est assez complexe avec plusieurs églises et chapelles, trois cloîtres, des cellules dotées chacune de trois pièces, une grande salle de réunion ou salle à manger (le tinel), une bugade et autres logis. L’ordre est austère. Les pères y observent une clôture perpétuelle, un silence presque absolu. Ils travaillent et prient seuls, comme des ermites, à l’exception du dimanche où ils déjeunent ensemble. Les moines frères se consacrent principalement aux travaux manuels.
Deux ensembles remarquables dans cette Chartreuse : le tombeau gothique tout en finesse du pape Innocent VI dans la chapelle de la Sainte-Trinité, près du chœur des religieux. C’est le plus complet des monuments funéraires des papes français parvenus jusqu’à nous. Les belles fresques de la chapelle Saint Jean-Baptiste, réalisées par le peintre italien Matteo Giovannetti, au milieu du XIVe s.
On se rend ensuite pour le déjeuner à la Maison Bronzini, un restaurant bistrot dans l’ancien moulin de la Chartreuse. Un bon moment de détente et de convivialité dans une salle agréablement aménagée.
L’après-midi est consacré à la visite des Jardins de l’Abbaye Saint-André, cachés dans l’enceinte de la forteresse royale. Des jardins dessinés dans un style toscan et d’autres plutôt à l’allure romantique qui se déploient en balcon, offrant une vue panoramique sur le Palais des Papes, les Alpilles et le mont Ventoux. Ils entourent un palais abbatial du XVIIIe s. en grande partie détruit à la Révolution. Un vaste jardin patrimonial labellisé Jardin remarquable par le ministère de la Culture.
On monte jusqu’à la chapelle romane Sainte-Casarie érigée au Xie s.
Puis, c’est la visite de l’exposition consacrée à Gustave Fayet (1865-1925) et ses jardins imaginaires.
L’occasion pour notre guide de nous faire découvrir un personnage étonnant qui a vécu un temps ici, à la fois artiste, collectionneur, mécène, entrepreneur, mal connu du grand public. Et pourtant, il a tenu une place importante dans l’histoire de l’art et tout particulièrement dans le passage à la modernité au tournant du XXe s. Il s’est particulièrement intéressé à la reproduction des fleurs et à leurs couleurs qu’il peint à l’aquarelle sur papier buvard, avant de les transposer sur des tissus, des tapis. Une œuvre fondée sur la transformation poétique de la nature.
Une journée bien remplie, dense, que l’on doit essentiellement aux sérieuses connaissances historiques, spirituelles et artistiques et au professionnalisme de notre guide, qui a su nous communiquer sa passion pour cette ville et son riche patrimoine.
En tout cas, beaucoup d’attention dans notre groupe et l’envie de la réécouter.


































