Archives de l’auteur : BSJ

Samedi 18 mai : une belle fête du pain !

Pour sa quatrième édition, Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze proposait une Fête du Pain à l’ancien four communal des Hellys, sur la route de Gras.
Toute l’organisation fut réussie et le cadre parfait.

Comme boulanger artisan, Jean-Sébastien Duval, de Saint-Rémy de Provence, qui a su faire partager son savoir-faire et sa passion à la cinquantaine de personnes présentes sur place.
Il a tout mené de main de maître depuis la sélection des farines qui viennent de ses champs, la fabrication du levain, le pétrissage, les temps de fermentation, le façonnage des miches et la cuisson dans le four.

Tout était prêt pour un premier défournement à l’arrivée de la randonnée organisée à cette occasion, et le résultat excellent aux dires de tous.

 

 

 

La fête se poursuivit dans la bonne humeur autour d’un pique-nique collectif, avec une animation musicale de qualité, à faire danser et chanter.

 

 

 

Un grand bravo à notre paysan boulanger pour son tour de main, sa créativité (on a même eu droit à des fougasses et à une pompe à l’huile délicieusement parfumée !) et son sens de la transmission.

Un grand merci à Martine et Claudet Charmasson, qui nous ont fait connaître ce boulanger et ont fourni le bois pour le four, à Eric et Brigitte Sabaton, pour leur accueil et la mise à disposition de leur terrain, à l’équipe bien soudée de l’association et à la mairie de Gras, propriétaire du four.

Encore un beau moment de convivialité, dans une ambiance « pagnolesque », autour de ce savoir-faire de la boulange, un des fleurons de notre artisanat.

Dimanche 28 avril 2019 : sur les chemins de Trignan.

La sortie de Patrimoine commença ce dimanche par la belle chapelle romane Saint Sulpice de Trignan, cachée par un bosquet au milieu des vignes, sur la commune de Saint-Marcel-d’Ardèche.

La construction remonte au début du XIIe s., mais présente de nombreux remplois sculptés d’un monument carolingien plus ancien.

Intérieurement, elle est sobre, à courte nef, voûtée en berceau plein cintre, avec une abside pentagonale décorée de hautes niches peu profondes.
Puis, ce fut la découverte du château de l’ancienne commanderie d’Hospitaliers de Saint-Jean d’Artignan, située à proximité près de l’ancienne voie de Saint-Just à Alba, qui doit beaucoup à la famille des Baladun et possédait de nombreuses terres et droits sur la contrée.
Le monument a été bien défiguré, si ce n’est la présence d’une tour cylindrique et de quelques pans de murs anciens.
On poursuivit par une ferme voisine où figure une curieuse enseigne du XIe s. évoquant une auberge de cette époque.
Le groupe poussa enfin jusqu’à l’ancienne carrière de calcaire de Saint-Jean, aussi d’époque médiévale, qui offre un front de taille impressionnant de plus de 200 m de long sur une hauteur de 10 à 15 m, à l’origine de la construction de l’ancienne commanderie et de nombreux mas environnants.
Un grand merci à Jean-Louis Issartel pour sa disponibilité tout au long de la matinée et ses nombreuses connaissances sur l’histoire locale largement partagées avec les participants.

Vendredi 26 avril 2019 : l’enfilage des perles, un art oublié.

Sous l’égide de notre association Patrimoine, la conférence donnée par Odile Ducros sur Les Perles et les Fleurs dans l’Art funéraire et l’Art décoratif des XIXe et XXe siècles attira de nombreux saint-reméziens, et pour cause.
L’enfilage des perles pour la confection de couronnes funéraires fut une activité importante dans le village au début du XXe s.
Elle était exclusivement féminine et dirigée au début par le clergé, en particulier sous le curé Mathon qui fit tout pour faire fonctionner au mieux son ouvroir, alors installé dans une grande pièce du château, qui occupa jusqu’à 25 ouvrières en 1909.
On a retrouvé aux Archives de l’Évêché à Viviers, ses correspondances, ses cahiers de réception, de fabrication au jour le jour et de livraison.
L’ouvroir disparut avec la Grande Guerre et la concurrence des ateliers de broderies mécaniques aussi implantés à Saint-Remèze, mais le travail se poursuivra néanmoins, sous forme de travaux à domicile, avec des femmes qui devront alors négocier directement avec une entreprise pour la livraison des perles et la remise de ce qu’elles avaient confectionné.
La conférence permit de réaliser que cet art des perles demandait beaucoup de doigté.

 

 

 

 

 


Plusieurs personnes s’essayèrent au « saladier à perles » monté sur un axe sur lequel il pouvait pivoter.


Pour une ouvrière expérimentée, par un mouvement tournant régulier, il permettait d’enfiler en quelques secondes sur un fil de fer fin des dizaines de perles colorées, qui étaient ensuite assemblées en feuilles ou fleurs, avant d’être envoyées dans les grandes manufactures de Lyon ou Marseille.

 

Samedi 13 avril 2019 : de Rochecolombe à Sauveplantade.

Au programme de la sortie de Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze, un circuit en huit de Rochecolombe à Sauveplantade.

Le groupe se rendit en premier à la cascade de Rochecolombe qui en impose au fond de son cirque même si l’eau y coule rarement.

Puis, à partir de la porte fortifiée du bas, ce fut la montée au vieux village accroché sous les ruines de son château.

Très bel exemple de clocher-mur ou clocher à peigne.

Un exemple de petit bourg castral, dont plusieurs maisons le long des ruelles reprennent vie depuis quelques années.

 

 

 

 

 

On eut droit à une intéressante visite de la chapelle Saint Barthélémy conduite par Mr et Mme Thiéry, du Comité d’animation de Rochecolombe, passionnés par leur village.

Ils rappelèrent l’histoire du monument qui présente des éléments du XIIIe au XIXe s., tout en évoquant plusieurs membres de la célèbre famille des Vogüé détentrice de la seigneurie de Rochecolombe, dont le caveau familial se tient sous la chapelle.

Au sommet de l’éperon, se dressent les restes d’un ancien donjon flanqué d’une enceinte, qui pourrait remonter au XIIe s.
Puis, ce fut la randonnée vers la minuscule église Saint Pierre de Sauveplantade par des chemins parfois caillouteux.
On s’arrête au premier sommet pour la pause pique-nique.
L’édifice, en bordure du hameau, surprend à l’intérieur par ses dimensions, la qualité du travail et sa décoration. Il a été construit à la fin du XIe s. par des bénédictins de Cruas, en remployant des éléments d’une église plus ancienne, dont de curieux chapiteaux décorés de rosaces.
Un modèle d’église très représentatif du premier art roman méridional, que l’on retrouve par exemple à Larnas.
Retour au point de départ par la serre de la Fourche.
Encore une belle randonnée à la journée dans la bonne humeur et sous un chaud soleil. Un groupe fidèle qui s’étoffe et se rajeunit avec une forte présence de montiliens.
Une pensée pour Claudine qui s’est faite une entorse dans la descente vers Sauveplantade.

Samedi 30 mars 2019 : Les Palhières, les Hermessennes.

Lors de sa dernière sortie,  Paysages, Patrimoine et Environnement se rendit sur deux anciens hameaux au nord de Gras.
 A partir de la Croix de Pisseloup, le groupe gagna en premier les ruines de Palhières, sur la commune de Saint-Maurice d’Ibie.

 

Bien exposé, le hameau était allongé sur une crête, près de son puits-citerne.

En 1921, on n’y enregistrait plus que six personnes, de la même famille des Martin.
On y vivait rudement, essentiellement d’élevage ovin, d’agriculture et sans doute des bois.

Depuis, tout y a été pillé, les tuiles, les belles pierres des piédroits et les linteaux.

 

Ce ne sont plus que des pans de murs menaçants.

L’après-midi, ce furent Les Hermessennes, sur la commune de Gras, encore plus envahi par les ronces.
Le hameau est signalé sur la carte de Cassini, il comptait jusqu’à 50 personnes au début du XIXe s., avec beaucoup d’enfants.

L’eau du puits y aurait eu comme vertu de rendre les femmes fécondes…
En 1911, ils ne sont plus que huit, et cinq en 1931, avec deux familles, les Nogier et les Ozil. Le départ fut précipité par ces crises qui vont toucher l’agriculture à la fin du XIXe s., la baisse des prix des céréales et la régression de l’élevage ovin, sans compter l’isolement et le vieillissement de la population.
De nombreuses terrasses de culture à proximité des ruines témoignent encore du labeur de ces générations de paysans attachés pleinement à la terre leur permettant l’autoconsommation.
Pour la trentaine de participants, une belle journée pour découvrir un monde rural oublié, le plus souvent par des chemins de crête offrant de larges perspectives sur les serres et vallats s’étendant largement sur les flancs septentrionaux du massif de la Dent de Rez, et au-delà vers les Cévennes.

Dimanche 3 mars : descente à la Pascaloune.

Pour sa troisième sortie, l’association Patrimoine proposait une randonnée vers la grotte de La Pascaloune en rive droite du Rimouren, sur le territoire de la commune de Saint-Montan.  
On comptait une quarantaine de participants.
Un hommage était rendu à Gérard Bernardin, adjoint à la mairie, ancien trésorier de l’association, décédé vendredi dernier.

 Le départ se fit du chemin « de la Ligne » qui, par son tracé rectiligne, pourrait être un tronçon de l’ancienne voie romaine qui reliait Bourg-Saint-Andéol à Rimouren, avant de monter sur Gras, Valvignères et Alba.

Le groupe poursuivit jusqu’aux cabanettes, deux constructions méticuleusement appareillées en pierre sèche, qui furent probablement des abris de berger.

Puis, un sentier descend dans le vallon du Rimourin et aboutit en sous-bois au vaste porche de la grotte de La Pascaloune.

 

 

 

 

 

Equipé de lampes frontales, le groupe s’engagea dans la grotte.

 

 

 

La cavité présente une belle galerie fossile, riche en concrétions, qui ouvre sur un important réseau de plus de 1500 mètres et descend à – 160 mètres.

Des colorations à la fluorescéine ont permis de vérifier une liaison avec les résurgences de Tourne à Bourg-Saint-Andéol.

L’intérêt de la grotte réside encore dans la présence de tracés rouges sur les parois qui évoquent d’anciennes peintures.


Certains préhistoriens y ont vu des peintures du Paléolithique supérieur, d’autres plus prudents n’y voient que de minces veines naturelles riches en oxyde de fer.

 

 

Les avis penchaient plutôt pour la première version dans le groupe.

 

Le retour se fit par le même chemin.
Une belle sortie mêlant nature et culture !

Samedi 16 février 2019 : visite à Aiguèze.

Pour sa deuxième sortie, Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze s’est rendue à Aiguèze, labellisé « l’un des plus beaux villages de France », où elle était reçue par Charly BASCLE, président de Racines aiguezoises, Jean-Paul VENTAJOL et Roland VINCENT, ancien maire.

On comptait près de cinquante personnes, un record !
La visite porta en priorité sur la célèbre église Saint-Roch mise en valeur par Mgr Fuzet (1839-1915), archevêque de Rouen, primat de Normandie, originaire d’Aiguèze, qui consacra une partie de sa fortune à la rénovation du village.

On lui doit le clocher, et surtout le décor intérieur de l’église surchargé de peintures vives, de statues en pierre, en plâtre, de boiseries, sans oublier les vitraux où l’on retrouve les portraits de sa famille…
Un ensemble étonnant un peu kitsch, représentatif de l’art sacré de la fin du XIXe siècle, tout en révélant un bienfaiteur mégalo à souhait.

 

La visite se poursuivit par la salle Jeanne d’Arc avec son curieux vitrail, le chemin du « castelas » d’où l’on jouit d’une vue exceptionnelle sur l’Ardèche et sur la Tour sarrazine et le Donjon fièrement implantés sur le rocher.
On découvrit ensuite quelques vielles ruelles, des passages à arceaux et un ancien hôpital.

 

On est en plein dans le village médiéval qui a terriblement souffert
au XIVe, avec

la révolte des Tuchins,

avant de connaître un nouvel essor au XVIe s. On prolongea dans les terres à l’ouest, couvertes de vigne, principale activité du village avec le tourisme.

 


La matinée se terminait par une sympathique dégustation dans la cour du Domaine Tour Paradis offerte par l’association d’Aiguèze.

Un grand merci à tous.

Samedi 26 janvier 2019 : de La Madeleine à Malbosc.

Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze a repris ses sorties de terrain. Pour une mise en jambe, elle a voulu faire partager la randonnée découverte  proposée l’été aux touristes pour  appréhender l’environnement exceptionnel de la Grotte de la Madeleine.
Vingt-quatre personnes se retrouvaient pour cette première.

Depuis le bâtiment d’accueil du site, un sentier permet de monter au Belvédère de la Cathédrale d’où l’on jouit d’une vue grandiose sur une partie du canyon des Gorges de l’Ardèche et son célèbre Rocher de la Cathédrale.

Puis, au nord de la route touristique, le groupe progressa en file indienne dans le sous-bois de Malbosc en direction de la Maison forestière de Saint-Remèze, l’occasion de voir de remarquables lapiaz creusés de profondes crevasses, et de nombreuses murettes en pierre sèche rappelant que ces bois, à la source de longs conflits  avec les seigneurs du village sous l’Ancien Régime, ont été largement  occupés par l’homme.

On s’arrêta au dolmen dit du Refuge spéléologique qui présente encore sa dalle de couverture et a l’avantage de posséder son tumulus. 


Au-delà de la Maison forestière, on croisa deux avens, autres formations caractéristiques des paysages karstiques, avant de gagner les falaises de Richemale et de descendre sur la Madeleine.


Une belle matinée de retrouvailles, ponctuée de haltes pour les commentaires, qui se terminait par un verre de l’amitié sur le parking du haut, un moment idéal pour échanger sur le riche programme de l’association et divers sujets d’actualité.

Samedi 24 novembre 2018 : un spectacle de clôture de qualité.

Pour clore son cycle d’animations dans le cadre du Centenaire de la fin de la Grande GuerrePaysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze proposait Grande Guerre, Petites Gens… interprété et mis en espace par le Chœur La Voix de l’Escoutay et Le Théâtre en Toc d’Alba-la-Romaine.

Près d’une cinquantaine de choristes, comédiens et techniciens se retrouvaient dès l’après-midi pour les derniers réglages et une répétition dans la salle polyvalente réaménagée pour la circonstance.
Le public a répondu présent en soirée.

Ce fut un spectacle émouvant et de grande qualité, avec des extraits de lettres du front, ou encore des lectures de dictées de l’époque, et des chants écrits dans les tranchées, françaises, allemandes, italiennes, ou à l’arrière, ou encore des chants d’auteurs contemporains sur cette sale guerre.
En tout cas, une vraie communion s’établit tout de suite avec le public, partageant les messages de cette soirée de mémoire : la folie, l’absurdité de ce conflit qui aurait dû être la « der des ders » et pourtant…



Un grand merci à l’ensemble du groupe pour son engagement, son
enthousiasme, et aux organisateurs.

 

Un beau moment d’échange devait parachever la soirée avec le verre de l’amitié offert au public, suivi d’une collation partagée avec les membres de l’association Patrimoine qui avaient pris soin de préparer des plats maison, pour le plaisir de tous.

 

Vendredi 9 novembre 2018 : l’armistice sur tous les fronts.

Vendredi 9 novembre, en fin de matinée, la grande section de l’école de Saint-Remèze s’est rendue à la chapelle sainte Anne pour voir l’exposition sur La Grande Guerre et les Poilus de Saint-Remèze préparée par notre association.

Ils ont suivi avec beaucoup d’intérêt les explications de Michel et Gilbert sur les principaux caractères de ce conflit qui a lourdement marqué l’Histoire du village.

 

 

215 Poilus ont été recensés, soit tous les hommes de 20 à 45 ans, envoyés sur tous les fronts. 40 ne reviendront jamais, morts pour la France.
Bien préparés par leur maîtresse, les enfants ont su répondre à de nombreuses questions.

Le soir, une conférence était donnée à la salle polyvalente sur « Le 11 novembre 1918… et après » par Pierre Ladet, président de Mémoire d’Ardèche et Temps présent, avec en seconde partie un diaporama scénarisé sur les « Poilus ardéchois » et une lecture de correspondances sur des poilus du village de Saint-Remèze.
L’armistice marque la fin des combats, la victoire des Alliés et la défaite totale de l’Allemagne, il est suivi bientôt du Traité de paix de Versailles le 28 juin 1919 qui contient déjà les germes du second conflit mondial…

Il y eut beaucoup d’émotions dans les différents témoignages rapportés au cours de cette soirée mémorielle.

Merci à l’association d’avoir su toucher aussi bien grands et petits sur les développements de cette monstrueuse guerre qui aurait dû être « la der des ders ».