Le départ se fait des Salelles. On traverse l’Ibie à la Chanebière, puis on la suit sur sa rive droite pendant 1 km. On aperçoit les ruines d’une tour dans les bois, qui serait les vestiges d’une ancienne commanderie.
Montée par La Combe Obscure.
Cette vallée est bien connue pour sa grotte, qui porte le même nom de Combe obscure. Fouillée dans les années 1970 et 1980 par Henri Saumade et Jean-Louis Roudil, elle a livré une intéressante séquence stratigraphique du Néolithique ancien jusqu’à l’Age du Bronze, soit sur plus de trois millénaires, sous forme d’outillages lithique et osseux et de poterie.
On gagne ensuite la Voie royale, parfaitement rectiligne, qui reliait sous l’Ancien Régime Villeneuve-de-Berg, chef-lieu de baillage, à Vallon en passant par Lagorce.
Elle aurait été pratiquée par Louis XIII et Richelieu au lendemain du siège de Privas en mai 1629.
A partir de Côte Flaugère, on descend sur Saint-Maurice par un sentier forestier, où nous pique-niquerons.
Nous y sommes reçus par madame Véronique Louis, présidente de l’association Patrimoine et Environnement en Ibie, au long passé politique, ancien maire de Saint-Maurice-d’Ibie, première conseillère régionale de l ‘Ardèche.
Elle nous brosse un tableau de l’histoire du village du Moyen Age à nos jours, qui s’est développé autour de son église. Il a fait l’objet en 2020 d’un classement au titre de « site patrimonial remarquable ».
L’église romane, relevant sans doute d’un ancien monastère, offre un magnifique porche coiffé d’un chrisme original.
A l’intérieur, on y voit une belle coupole ornée de peintures naïves. Elle a fait l’objet d’une importante restauration avec l’aide de la Fondation du Patrimoine et une forte mobilisation villageoise.
Le village offre une série de petites ruelles, des arcades voûtées et d’étonnants couradous, caractéristiques de le l’architecture rurale en Bas-Vivarais.
On retrouve encore de superbes maisons traditionnelles au hameau des Salelles, pour la plupart de la première moitié du XIXe s., soit de la période faste de l’élevage des vers à soie.
Le hameau est connu pour avoir abrité un camp de travailleurs espagnols pendant la Seconde guerre mondiale. Ils formaient le 160e Groupement des travailleurs Etrangers.
Un panneau rappelle cette période sombre. Avec l’institution du STO, plusieurs de ces réfugiés républicains se sont engagés dans les maquis locaux.